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BUNKER

Bunker n’a jamais eu l’air d’un groupe conçu pour durer proprement.

À quatre, elles donnent plutôt l’impression d’un accident magnifique maintenu en vie par la sueur, la mauvaise foi, les câbles emmêlés et une loyauté trop ancienne pour être formulée. Izia tient le cri, évidemment. Celui qu’on filme, qu’on fantasme, qu’on attend de voir tomber. Mais Bunker ne commence pas et ne s’arrête pas à elle. Ensemble, elles fabriquent une musique sale, nerveuse, viscérale, traversée de lignes de basse épaisses, de batteries jetées contre les murs, de guitares qui mordent à côté de la voix juste pour vérifier que tout peut encore déraper. 

Les journalistes les disent ingérables. Elles détestent ça. Sur scène, elles donnent l’impression d’être à deux doigts de devenir un groupe culte ou de tout faire exploser en plein vol. En coulisses, elles se protègent mal, s’aiment fort, se parlent comme des gens qui se connaissent trop, et continuent malgré tout à remonter ensemble sur scène. Parce qu’Izia seule ne serait qu’une fille qui hurle dans une pièce vide. Bunker, c’est ce qui donne une forme à ce cri.

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